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Un pardon trop commode

Le 13 décembre 1998 mourait Norbert Zongo.

Le 13 décembre 1998 mourait Norbert Zongo. Journaliste. Assassiné. Un faisceau de présomptions incrimine le sommet de l’Etat. La nouvelle plonge le Burkina dans le plus vif émoi.

Organiser, deux ans plus tard, une " journée nationale du Pardon " pour calmer les ardeurs d’un peuple dans sa quête de justice : en voilà une bonne idée. Oui, une grande réconciliation nationale pour aplanir les différents et repartir d’un bon pied vers un avenir radieux. C’est vrai, ne nous embarrassons pas de ces vieilleries du passé et construisons dès aujourd’hui, ensemble, le nouveau pays de demain. Un peu facile, non ?

C’est que des membres de la garde présidentielle, inculpés le 2 mai dernier (seulement) pour l’assassinat du directeur de publication de l’Indépendant, y sont impliqués. Les fondations de l’Etat tremblent sous la pression populaire. ça sent le roussi pour des autorités, garantes, en principe, de la Démocratie et des intérêts de la nation.

Alors pardonnons... Au nom de la réconciliation nationale, arrêtons tout ce tintamarre. A l’aise Blaise ! Avec tout ça, on se demande bien qui peut être dupe. Dupe des intentions magnanimes et fédératrices d’un Etat qui se brûle à son propre feu. Car enfin : qu’y a-t-il à pardonner ? Pardonner ne passe-t-il pas, d’abord, par la reconnaissance des fautes commises ?

Faut-il considérer cette journée du 30 mars, dite de " réconciliation ", comme un aveu de l’Etat pour un péché dont on devine les contours ? Peut-être bien. En tous cas le subterfuge d’une manoeuvre politique aux forts relents d’auto-amnistie paraît bien gros. Et pardonner, on ne sait d’ailleurs pas exactement quoi et à qui, équivaudrait à se rendre complice d’exactions aussi coupables qu’insultantes pour ce mot qu’on appelle Vérité.

Lire aussi l’interview de Monsieur Alidou Ouedrago, président du Collectif burkinabé contre l’impunité

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