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L’Institut du monde arabe fait son cinéma

Du 26 juin au 4 juillet, l’Institut du monde arabe, à Paris, accueille la 7ème Biennale des cinémas arabes. L’occasion pour les festivaliers de profiter d’un Regard sur le cinéma irakien, d’un hommage à l’actrice égyptienne Madiha Yousry et de découvrir le meilleur des films, courts et longs métrages, fictions ou documentaires, réalisés ces deux dernières années. Les femmes réalisatrices sont très présentes pour cette édition et le cinéma marocain plus florissant que jamais.

La 7ème édition de la Biennale des cinémas arabes de l’Institut du monde arabe, à Paris, s’est ouverte samedi. Jusqu’au 6 juillet prochain, les Parisiens seront gâtés par une programmation de choix. Un panorama du cinéma irakien, avec 20 oeuvres présentées, un hommage (6 longs-métrages) à Madiha Yousry, la grande dame du cinéma égyptien, productrice et actrice dans une centaine de films depuis les années 40. Et, bien sûr, les œuvres en compétition officielle. Côté fiction, l’Afrique du Nord se taille la part du lion.

L’Algérie sera présente avec le poignant long-métrage d’Abdelkrim Bahloul, Le Soleil assassiné, sur le poète Jean Sénac, interprété par l’acteur français Charles Berling. On verra aussi quatre documentaires et trois courts-métrages, dont l’excellent Cousines de Lyes Salem. Ce jeune comédien de 31 ans, né à Alger et passé par le Conservatoire national d’art dramatique en France, s’était déjà fait remarqué avec son premier court, Jean-Farès. Il récidive avec une chronique douce-amère de la condition féminine en Algérie. A ne pas rater.

Nouvelle vague tunisienne

La Tunisie présente un court et deux longs de fiction, notamment El Kotbia de Nawfal Saheb-Ettaba. Huis-clos très maîtrisé qui aborde, entre autres, les thèmes de l’amour et de la liberté. « Je suis très fière de ce film », a expliqué dimanche, lors de la première projection, l’une des interprètes principales, Hend Sabri. « Nawfal appartient à ce que j’appelle la nouvelle vague du cinéma tunisien dont les oeuvres ont un message plus universel qu’avant. Ce film est nouveau, moderne. »

Côté égyptien : trois longs et trois courts de fiction, ainsi que six documentaires. Dimanche, Kamla Abou Zikri a présenté son court, Regard vers le ciel, tourné en vidéo. Une première pour cette réalisatrice de 30 ans qui a déjà réalisé plusieurs courts, un documentaire et un long en 35 mm. Dans Regard vers le ciel elle filme une histoire d’amour entre deux adolescents, découverte et dénoncée par l’oncle de la jeune fille. Cette dernière, pour échapper à la colère paternelle, parjure en mentant sur le Coran... Pourtant, la colère divine ne s’abattra pas sur elle, mais sur l’oncle rétrograde.

Le cinéma marocain en force

Le Maroc sera présent avec deux documentaires, dont Tanger, le rêve des brûleurs de Leïla Kilani, Prix du meilleur documentaire dans la catégorie Vidéo au dernier Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco), quatre courts-métrages et trois longs de fiction. Il faudra voir A Casablanca, les anges ne volent pas, premier long-métrage du Casablancais Mohamed Asli, qui dénonce la migration des ruraux vers les villes. « J’ai fait un film simple mais pas simpliste », explique-t-il. « J’ai voulu dénoncer certaines choses qui ne vont pas chez nous et j’espère avoir réussi à montrer une réalité du Maroc d’aujourd’hui. »

Mohamed Asli, producteur exécutif pendant 29 ans et assistant réalisateur pendant 4 ans, filme avec sensibilité la vie de trois compagnons d’infortune, Saïd, Ismaïl et Ottman, serveurs et cuisinier dans un restaurant de Casa. Tous les trois ont quitté leur village et leurs famille pour survivre dans la grande ville. Ils sont partis et sur leurs terres, « il n’y a plus d’hommes, même pour enterrer un cadavre ». « Casablanca a rendu les femmes berbères veuves, c’est une mangeuse d’hommes », dit Aïcha, la femme de Saïd, qui accouche seule de leur deuxième garçon. « A quoi bon faire des enfants s’ils sont orphelins à la naisance ? » Inspiré d’une histoire vraie, le film connaît un dénouement tragique. Le réalisateur a mis 7 ans pour rassembler les financements nécessaires et a choisi de faire jouer des « gens de la rue » : son film ne compte que deux acteurs professionnels.

Casablanca a perdu son âme

A 47 ans, Mohamed Asli porte un regard désabusé sur sa ville natale, « qui est devenue une ville-dortoir » et a « perdu son âme ». « Je suis fou d’amour pour mon pays mais il fallait que je montre cette ville sans arbres, sans espaces, ce labyrinthe de ciment, entouré d’une ceinture de misère. Une ville édifiée par des bourgeois comme le patron du restaurant qui exploite Saïd et les autres. L’intelligentsia de la ville est en train de partir. Moi-même, j’ai été chassé de cette ville où je suis né et où j’ai grandi. » Le film sort en Italie le 25 septembre prochain. Espérons qu’il trouve des distributeurs dans d’autres pays.

Cette Biennale promet donc de belles projections. La présence d’un film mauritanien, Fatima, l’Algérienne de Dakar, de Med Hondo, est à noter, ainsi que les deux tendances de cette année : une forte présence du cinéma marocain, en pleine renaissance depuis quelques années, et la participation importante de femmes réalisatrices.

7ème Biennale des cinémas arabes à Paris
- du 26 juin au 6 juillet 2004 à l’Institut du monde arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard / Place Mohammed V - 75005 Paris
- du 27 juin au 3 juillet au cinéma Grand Action
5, rue des Ecoles - 75005 Paris
- du 30 juin au 6 juillet à l’Espace Saint-Michel
7, bd Saint-Michel - 75005 Paris
- du 26 juin au 3 juillet à Marseille (en salles en plein air) en collaboration avec l’Association Aflam

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