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Manifestation à Jerada : 9 personnes arrêtées dans l’Est du Maroc après des affrontements avec les forces de sécurité

Neuf personnes ont été arrêtées mercredi après des affrontements entre des manifestants et les forces de sécurité dans la ville de Jerada, dans l’Est du Maroc. La police parle en outre de 200 blessés. La ville de Jerada a connu jeudi 14 mars un état de paralysie générale.

Des centaines de manifestants ont défilé mercredi à Jerada, défiant l’interdiction du gouvernement de tenir des rassemblements décrétée un jour plus tôt.

S’exprimant lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement jeudi, le Premier ministre marocain Saad Eddine El Othmani a déclaré que les affrontements ont entrainé de nombreuses blessures, dont 10 graves, 8 faisant partie des forces de sécurité.

Dans un communiqué mardi, le ministère marocain de l’Intérieur avait déclaré qu’il interdirait "les manifestations illégales sur les voies publiques" et "répondrait fermement aux actes et comportements irresponsables" afin de "préserver la sécurité et protéger les intérêts des citoyens".

Malgré cette interdiction, les manifestants ont poursuivi leur mouvement de protestation, déclenché en décembre dernier par la mort de deux frères mineurs alors qu’ils creusaient dans des mines désertes.

Les manifestants en ont appelé à la justice pour que les morts et ont exigé des opportunités d’emploi et des « alternatives économiques » pour leur ville qui dépend fortement de l’extraction du charbon, majoritairement dans les mines exploitées illégalement.

Le Premier ministre marocain a visité la région en février, promettant de mettre en œuvre un certain nombre de projets de développement, de créer des milliers d’emplois et de retirer des licences d’exploitation minière pour les entreprises qui ne respectent pas les exigences légales.

El Othmani a déclaré : «  Le gouvernement a reconnu dès le début les demandes légitimes de la population et s’engage à trouver une alternative économique et de régler les problèmes urgents », soulignant Que la mise en œuvre des différentes mesures prises en faveur de la province de Jerada exigent « du temps et de l’ordre. »

Said al-Manjami, membre du comité d’organisation du mouvement de Jerada, explique « Pendant plus de deux mois et demi, notre mouvement de protestation était civique, pacifique et organisé. Dans toutes les formes de nos protestations, nous n’avons jamais cédé à la provocation et ceci malgré l’interdiction, l’encerclement, l’oppression et enfin les arrestations. Nous étions disciplinés et nous avons évité toute possibilité d’escalade. » (...) « Hier, après la décision gouvernementale d’interdire les protestations à Jerada, nos travailleurs ont décidé d’organiser un sit-in, dans les forêts à l’extérieur de la ville. Ils voulaient éviter d’être accusés d’empêcher la circulation ou de menacer la sécurité générale. Ils sont allés avec leurs familles, femmes et enfants devant les mines fermées. Nous avons été surpris par l’attaque violente des forces sécuritaires, ce qui a conduit naturellement à des affrontements entre la population et les forces d’oppression. Il y a eu des blessés, ils étaient soignés chez eux de peur d’être arrêtés. Une des voitures de force de l’ordre a renversé volontairement des citoyens  », précise t-il.

« Nous ne comprenons pas du tout comment des ministres, des responsables ont visité la région et ont proposé des solutions, discuté avec les activistes, et tout d’un coup, ils prennent cette décision d’interdire ces manifestations pacifiques. Tant que les revendications ne sont pas réalisées, il y aura toujours des manifestations. Ce n’est pas la répression qui va régler les problèmes de Jerada », explique Said Zeroual, responsable local de l’association marocaine des droits humains.

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